Savoir différencier le piranha rouge du pacu

Souvent, les débutants dans le monde des piranhas font une erreur récurrente et achètent des pacus de l’espèce Piaractus brachypomus ou encore Colossoma macropomum en croyant acheter des piranhas rouges. Ces poissons sont régulièrement vendus sous l’appelation Serrasalmus naterreri, plus rarement Pygocentrus nattereri.

Pourquoi une telle confusion ?

Les piranhas et les pacus se ressemblent comme deux gouttes d’eau au stade juvénile. Il est impossible de faire la différence pour un non-initié. De plus, un pacu juvénile est tout aussi impressionnant et glouton qu’un piranha.
Deuxièmement, il y a souvent des vendeurs peu scrupuleux qui savent que le terme « piranha » fait vendre et qui n’hésitent pas à mentir pour écouler leurs pacus.
Enfin, et plus régulièrement, les vendeurs n’y connaissent tout simplement rien. Ils croient réellement détenir des piranhas. Ils sont convaincus de leur savoir et du même coup, sont convaincants auprès des clients. Ceux-ci achètent donc les yeux fermés leurs « piranhas ».

pacuUn pacu juvénile

Concernant les vendeurs, c’est un métier de commercial, certains sont aquariophiles eux-même et donc passionnés, d’autres (la majorité) pourraient tout aussi bien vendre des aspirateurs. Une fois la supercherie découverte, ils refuseront en général de reprendre vos poissons, donc ne vous plaigniez pas si vous tombez dans le panneau, il faut se renseigner avant l’achat de tels animaux.
Le problème du pacu Piaractus brachypomus est qu’il s’agit d’un poisson imposant adulte (80 cm de long) qui détruit tout (décor) et avale tout (plantes, poissons) et qu’il n’a donc pas du tout sa place chez un particulier, à moins de disposer d’un aquarium de plusieurs milliers de litres, ce qui est rarement le cas.

Heureusement, avant de faire votre achat de piranhas juvéniles dans la jardinerie du coin, vous aurez pris le temps de vous renseigner et donc, vous ne ferez pas l’erreur d’acheter des pacus.

La mâchoire

mach_pacuLa mâchoire du pacu ressemble à celle d’un petit vieux

La mâchoire du pacu n’est pas prognathe (mâchoire inférieure avancée type bulldog), elle ressemble plus à la bouche d’un vieillard avec la lèvre inférieure légèrement retroussée sous la lèvre supérieure. Il suffit donc de regarder avec précision ce détail pour être sûr à 99 % de l’identification de votre poisson. Il arrive, dans des cas extrêmement rare, que les nattereri juvéniles se fassent croquer la lèvre inférieur à l’état juvénile. Ce critère est donc discriminant à 99,9%. Pour être sûr de l’identification de votre poisson à 100%, poursuivez la lecture.

mach_nattLe piranha rouge possède une mâchoire inférieure large et prognathe

Les yeux

L’œil est aussi un facteur discriminant lorsque l’on observe les poissons. Si P.natterreri arbore juvénile un petit oeil jaune / doré, le pacu possède au contraire un grand œil plutôt clair. La taille des yeux doit être mesurée par rapport à la taille de la tête du poisson. Si l’on compare les deux images à droite et à gauche, on se rends compte d’un détail discriminant facile : chez le pacu, l’oeil est à quelques millimètres du front alors que chez le piranha rouge, la taille qui sépare le haut de l’oeil du front est bien plus grande.

La robe et la morphologie

La robe désigne la coloration du corps du poisson. Chez le piranha comme chez le pacu juvénile, la livrée est identique. Le corps est uniformément gris parsemé de petis points gris foncés tirants sur le noir. Au bout de quelques mois une coloration rouge apparaît sous la gorge pour s’étendre ensuite sur tout le corps. Le débutant ne pourra pas vraiment faire la distinction entre ces deux critères. La différence est subtile :Les tâches du piranha rouge juvénile sont petites et rondes, celles du pacus sont plus grosses et allongées verticalement.

tach_nattRobe du piranha vrai

Les pacus ont des nageoires plus longues que les piranhas, surtout pour la caudale et la dorsale.
Observez bien les poissons avant achat !

tach_pacuLe pacu possède une livrée subtilement différente

Un acheteur au courant en vaut cent

Observez bien les poissons avant achat, renseignez vous ! La morale de cette histoire, c’est qu’encore une fois l’achat compulsif d’un animal entraîne désillusion et problèmes. Si la mésaventure vous est arrivé, que vous avez des pacus chez vous, tentez de les redonner au magasin en argumentant (vente mensongère, poisson adulte qui cassera la vitre de votre aquarium…). Dans le meilleur des cas, votre poisson sera récupéré puis revendu au premier venu. Un acte plus éthique serait selon moi d’appeler les aquariums publics de votre région. Ceux-ci disposent souvent d’aquariums amazoniens de plusieurs milliers de litres où des pacus d’un mètre de long s’ébattent joyeusement devant la foule en admiration. Une belle retraite pour un poisson malmené et montré du doigt, pourtant tout aussi intéressant que ses cousins aux dents plus pointues.

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