Le complexe Serrasalmus maculatus / spilopleura

Noms communs

Maculatus, « Mac », Yellow spilo, Spilo, Ruby Red Spilo (pour la forme rouge et jaune) Faux piranha diamant.

Etymologie: Maculatus fait référence aux points sur les cotés du corps.

Répartition

D’après les travaux de M.Jégu.

Maculatus: Bassin amazonien. Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie, Paraguay, Pérou, Uruguay

Spilopleura: Bassin du Guaporé, Rio Itinez, Bolivie

Historique / Systématique

Kner (1858)

Les derniers derniers travaux sur le sujet : M.Jégu et G. Dos Santos (2001) et Hubert 2007/2010.

Auparavant, S.spilopleura et S.maculatus étaient considérés comme synonymes. Dans son travail de 2001, Jégu définit S.spilopleura du Guaporé et du Tocantins uniquement, S.maculatus occupant le reste de l’aire de répartition.

Certains systématiciens et spécialistes ne sont pas d’accord , notamment Franck Magallanes (OPEFE) qui conclut qu’il existe une erreur dans les travaux de M.Jégu (S.egeinmanni identifié comme S.spilopleura). N’étant pas scientifique ni systématicien, je ne m’avancerais pas sur la question.

Ce qu’il faut retenir, c’est que ces espèces risquent d’être révisés dans peu de temps et qu’ il pourrait même s’agir d’une seule et même espèce avec des variantes géographiques. Je parlerais donc ici du complexe Spilopleura qui englobe, selon moi, des espèces très proche.

Morphologie et coloration :

Chez le juvénile, la tête est pointue, la mâchoire est longue et le corps moucheté de points noirs. Avec l’âge, une pigmentation jaune ou rouge se développe sur l’opercule, la gorge et la nageoire anale. Les points s’affadissent puis disparaissent complètement. Chez certains spécimens, l’oeil est rouge sang, chez d’autres, il reste clair. La coloration dépend des individus, certains développent par exemple une coloration rouge au niveau de l’opercule et jaune sous le ventre.
Ces spécimens, particulièrement attractifs, sont appelés Ruby red spilopleura (RRS) par les commerciaux.

joelmarsUn spécimen ruby red

Voici quelques anecdotes morphologiques glanées sur internet et dans les livres concernant les variantes, je ne suis pas en mesure de vérifier ces informations, mais elles permettent d’illustrer les variabilités morphologiques dans ce complexe.

-Une variante présente au Pérou aurait les yeux rouges, une bande terminale noire à la nageoire caudale et une disposition spécifique des tâches sur le corps.

-Les poissons amazoniens appelés S.maculatus sont en général jaune, les poissons nommés S.spilopleura du Guaporé serait coloré d’un jaune/or orange et enfin les spécimens issus du bassin de l’Araguaia seraient rouge.

-Les formes de la partie inférieure de l’Amazone possèdent un bord hyalin à la nageoire caudale, les formes de la partie supérieure de l’Amazone possèdent une nageoire caudale bordée de noir sans bord transparent.

Mode de vie

Prédateur diurne, certaines variantes vivent en petits groupes. Ils consomment les nageoires des autres poissons et parfois des poissons entiers.

Croissance :

Elle est relativement lente.
Juvénile, l’espèce prends quelques cms par an. A partir de 12 cm, la croissance diminue fortement.
Certains spécimens atteignent 30 cm et ressemblent alors aux poissons du genre Pygocentrus, le front devenant convexe avec l’âge.

Reproduction en captivité

Réussie exceptionnellement par des aquariophiles américains. Il existe un sujet particulièrement documenté sur internet (rechercher l’utilisateur Primetimewise sur www.piranhas-keepers.com).
Le problème est surtout d’obtenir des spécimens issus du même lieu de provenance et donc de la même variante géographique ou espèce.

Maintenance en aquarium

En solitaire, dans un bac spacieux avec une filtration efficace.
Maintenance possible en groupe, pour piranophiles très expérimentés. La majorité des tentatives sont soldés par des échecs.

Paramètres de l’eau :

Eau douce et acide de préférence. Un pH aux alentours de 7 convient. Tac: 75 % du TH.
Maintenir les nitrates en dessous de 50 mg/L. On peut utiliser un mélange eau du robinet / eau osmosée si l’eau de conduite est trop dure.

Comportement :

Craintif, actif le soir et statique la majorité du temps. Il existe des exceptions. Ce poisson atteint une taille respectable et vit de nombreuses années. Comme pour tous les Serrasalmus solitaires, il faut être conscient de l’engagement pris lors de l’achat d’un S.maculatus.

Volume requis :

Pour un spécimen adulte. Un bac de 120×50 de surface au sol est un minimum. Pour tenter d’élever un groupe, un aquariophile sérieux pourra tenter l’expérience avec une surface au sol de 200×60 minimum. Toute tentative en dessous de ces dimensions relève de l’aberration.

Cohabitation :

Cohabitation intra-spécifique possible mais très délicate, même dans de gros volumes. Certaines variantes se supporteraient plus que d’autres.
On peut donc supposer qu’il existe des variantes qui se tolèrent et peuvent se reproduire en aquarium.
Cohabitation à long terme avec d’autres espèces impossible.

Agencement de l’aquarium :

Comme pour tous les piranhas : un sol naturel type sable de loire, bien planté, avec beaucoup de cachettes. L’éclairage sera doux et tamisé par de nombreuses plantes flottantes, comme Pistia stratiotes ou Lemna minor (attention, envahissante). Quelques morceaux de bois et Echinodorus sp constituerons le gros du décor. On peut aussi obscurcirles cotés de l’aquarium pour rendre le spécimen moins farouche.
Pour maintenir l’espèce en groupe, il y a deux écoles : bac vide ou bac comportant des cachettes. Selon certains amateurs, le fait de mettre des cachettes augmente la territorialité et donc l’agressivité intra-spécifique. Un bac vide oblige les poissons a maintenir un comportement grégaire.

Alimentation :

S.maculatus / spilopleura apprécie les petits poissons entiers congelés, les crevettes crues, le coeur de boeuf. Nourrir modérément. L’alimentation vivante n’est pas conseillé (Apport de maladie).

Références bibliographiques :

SCHLESER, Piranhas, a complete pet owner’s manual, barron’s, 2008.
M.S. Germain, Les piranhas, De vecchi, 2007.
PINKGUNI, The guide to owning piranhas, TFH, 1998.
Références Web:
Frank Magallanes, OPEFE (Oregon Piranha Exotic Fish Exhibit), 2012. http://www.opefe.com/
Crédit photos :
Gonzo95, Sylvius, Vince, Baoukt, Dupontel, Smoke, Pygo67, Grosse_Gurke, Cortex, natt62.
Article rédigé le 2/07/2012 par Emmanuel Autin. Contenu susceptible d’être modifié.

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